Interviews with 2021-2022 QBIN scholarship recipients

[This post is only available in French] Chaque année, le RBIQ annonce le concours de bourses de recrutement aux étudiants à la maîtrise et au doctorat dans le domaine de la bio-imagerie. Ces bourses visent à promouvoir la recherche effectuée par les étudiants et postdoc au sein du réseau. Ces jours-ci, nous recevons les candidatures pour les bourses de l’année 2022-23. Nous profitons de ce moment pour vous présenter à trois des récipiendaires des bourses de l’année dernière (2021-22), qui ont bien mérité cette reconnaissance. On espère que ces petites entrevues rapprochent nos membres de nos futurs brillants chercheurs!

Entrevue avec Sami Obaid (Université de Montréal)

Sami Obaid

Sami Obaid est un des récipiendaires des bourses de formation du RBIQ-QBIN. Il est docteur en médecine par l’Université McGill, et spécialiste en neurochirurgie par l’Université de Montréal. Récemment, il a entrepris un doctorat en neurosciences à l’Université de Montréal, supervisé par le réputé chercheur du CHUM, le Dr. Dang Nguyen. Il travaille sur l’étude de la plasticité cérébrale en épilepsie par le biais de multiples modalités d’IRM.

Sami Obaid, pourrais-tu nous dire un peu plus de toi-même? Qui est Sami?

Je dirais que je suis une personne assez passionnée. Depuis mon jeune âge, j’ai développé une passion pour le cerveau, qui est un organe surprenant étant capable de contrôler tous les autres organes du corps. J’ai d’ailleurs commencé à faire de la recherche en laboratoire sur la maladie du Parkinson alors que j’étais encore adolescent (15 ans). À l’époque, j’ai intégré le laboratoire de l’Institut Neurologique de Montréal. Dans le cadre de ces recherches, j’ai participé aux expo-sciences, et cela m’a propulsé sur le plan scientifique. Pour mes projets sur le Parkinson, j’ai été récompensé par plusieurs prix, incluant le prix Top 20 under 20 (décerné à 20 personnalités canadiennes en bas de 20 ans), ai été nommé Citoyen Émérite du Canada, ai été élu Personnalité de la semaine dans LaPresse et ai eu l’honneur d’avoir un astéroïde nommé en mon nom (minor planetObaid-21712) par le Massachusetts Institue of Technology.

Cette passion pour le système nerveux s’est ensuite renforcée alors que j’étais étudiant en médecine à l’Université McGill et encore plus alors que je complétais ma résidence en Neurochirurgie à l’Université de Montréal. Je suis maintenant neurochirurgien depuis 3 ans. C’est lors de ma résidence que mon intérêt pour la neuroimagerie s’est forgée, et j’ai ainsi décidé d’entreprendre un doctorat dans le domaine de l’imagerie de l’épilepsie. Suite à ma résidence, j’ai entrepris un stage de 2 ans dans le laboratoire d’un expert mondial en tractographie, soit le Professeur Maxime Descoteaux du Sherbrooke Connectivity Imaging Lab. Ce dernier a été et demeure un mentor pour moi, et je suis très reconnaissant de l’enseignement qu’il m’a fourni. Son encadrement m’a permis d’acquérir des compétences supplémentaires qui constitueront le pilier de ma future carrière académique.

Je suis présentement en train de compléter mon doctorat tout en réalisant une sur-spécialité de neurochirurgie d’épilepsie à l’hôpital de l’Université Yale aux États-Unis. Dans le cadre de ma surspécialité, j’ai incorporé des outils de neuroimagerie qui ont pour but de favoriser un traitement plus optimal des patients atteints d’épilepsie. 

Sur une autre note, je suis un grand passionné de sport. À cet égard, j’ai baigné dans le soccer depuis très jeune, ce qui m’a permis d’incorporer l’équipe de soccer des Redmen de Mcgill alors que j’étais étudiant en médecine ainsi que l’équipe des Carabins de l’Université de Montréal alors que j’étais résident en neurochirurgie. Le sport de haut niveau a été primordial pour moi, car il m’a permis de développer une discipline essentielle à ma progression académique.

Qu’est-ce qui t’a attiré vers la science? Et en particulier, qu’est-ce qui t’intéresse par rapport à la neuroimagerie?

Je pense que ce qui me fascine le plus est le fait que la science soit en mesure d’expliquer tous les phénomènes physiques de ce monde. De plus, grâce à la compréhension de certains phénomènes scientifiques, on est en mesure de décrire l’histoire naturelle de plusieurs maladies, de les prévenir et même de les traiter. Ceci est également vrai pour les maladies neurologiques telles que l’épilepsie. Tel que mentionné plus haut, mon intérêt pour la recherche sur les pathologies neurologiques s’est développé alors que j’étais encore adolescent. Le cerveau est un organe fascinant qui demeure à ce jour si peu connu. À cet égard, la neuroimagerie permet de caractériser des réseaux cérébraux de manière in vivo et contribue ainsi fortement à la compréhension de ce mystérieux organe.

Raconte-nous un peu ton projet pour lequel tu as reçu une des bourses de formation du RBIQ 2021-22.

L’épilepsie provenant de l’insula (un des cinq lobes du cerveau), une condition rare et difficile à diagnostiquer, est caractérisée par un réseau épileptique anormal composé de régions corticales pathologiques reliées par des faisceaux de matière blanche anormaux. En utilisant des techniques de neuroimagerie avancées, telles que l’analyse d’épaisseur corticale et la tractographie, il est possible de caractériser ces réseaux épileptiques. Nous avons donc réalisé une analyse d’épaisseur corticale chez des patients atteints d’épilepsie insulaire et avons identifié une distribution d’atrophie corticale qui impliquait non seulement l’insula mains également des régions extra-insulaires. Par la suite, nous avons mené une étude qui visait à identifier, par le biais de la tractographie, les faisceaux anormaux de matière blanche chez les patients avec épilepsie insulaire. Les résultats de cette analyse ont révélé que le réseau épileptique était caractérisé par des faisceaux de matière blanche pathologiques principalement connectés à l’insula.  La caractérisation de la distribution d’atrophie corticale et de faisceaux pathologiques a non seulement permis de définir le réseau d’épilepsie insulaire, mais pourrait également constituer un outil diagnostique permettant d’identifier cette rare forme d’épilepsie.

Sami Obaid dans la sale de chirurgie

Où en es-tu en ce moment? Et où te vois-tu dans les prochaines années?

Je suis présentement en train de compléter un fellowship (sur-spécialité) de neurochirurgie d’épilepsie à l’hôpital de l’Université Yale aux États-Unis. Dans le cadre de ce fellowship, je réalise des chirurgies d’épilepsie poussées et j’entreprends des projets de connectivité structurelle dérivée d’IRM chez des patients épileptiques, ce qui me permet de raffiner ma formation en neuroimagerie appliquée aux réseaux cérébraux.

Comment est-ce que cette bourse va-t-elle pouvoir t’aider dans tes recherches?

La bourse obtenue me permettra de poursuivre mes études de connectivité structurelle dérivée de la tractographie. Grâce à la bourse de soutien du RBIQ, je pourrai aiguiser et enrichir ma formation en recherche par le biais de formations à l’étranger et me procurerai un ordinateur fixe doté d’outils neuro-informatiques clés, ce qui me fournira un cadre essentiel à ma future pratique de clinicien-chercheur. Je suis ainsi très reconnaissant d’être récipiendaire de cette prestigieuse bourse.

Et pour conclure, quels conseils donnerais-tu aux futurs jeunes chercheurs qui veulent entreprendre une carrière en recherche comme toi?

Je dirais que la chose la plus importante est de toujours poursuivre sa passion et de fournir l’effort nécessaire pour atteindre ses objectifs. Plus encore, il faut garder un esprit ouvert et être à l’affût de la nouvelle littérature et des développements technologiques en lien avec le sujet de recherche en question.

Entrevue avec Benjamin Provencher (Université du Québec à Trois-Rivières/Université de Montréal)

Benjamin Provencher est un étudiant en première année de Doctorat en Sciences Biomédicales à l’Université du Québec à Trois-Rivières (programme en partenariat avec l’Université de Montréal). Il est originaire de Trois-Rivières, où il a aussi fait ses études de Doctorat de premier cycle en Chiropratique. Après quelques années où Benjamin a travaillé en tant que clinicien dans trois continents, il a décidé de rentrer à Trois-Rivières, pour entamer des études de Maîtrise qui lui ont mené au Doctorat qu’il vient à peine de démarrer. Benjamin s’intéresse aux mécanismes neurophysiologiques sous-jacents au soulagement de la douleur par la manipulation vertébrale, une technique manuelle fréquemment employée par les chiropraticiens pour traiter les maux de dos. Il utilise l’électroencéphalogramme (EEG) pour mieux comprendre les effets de ce traitement sur des neurones spécialisées pour la transmission de messages nociceptifs qui souvent mènent à la douleur.

Entrevue vidéo en français, with English subtitles!

Entrevue avec Marie Amate (Université de Montréal)

Marie Amate est une étudiante en deuxième année de Doctorat en Génie Biomédical à l’Université de Montréal. Elle vient du sud de la France, pays où elle a complété ses études d’ingénieure, spécialisée en Biomécanique et Biomatériaux. Aujourd’hui, elle travaille sur l’utilisation thérapeutique des microbulles activées par ultrasons dans le contexte du cancer. En particulier, elle s’intéresse aux effets physiques et aux voies de signalisations activées sur les cellules traitées par cette méthode, pour optimiser les bénéfices thérapeutiques de la radiothérapie.

Nous sommes ici avec Marie qui est une des récipiendaires des bourses de formation 2021-22 du Réseau de bio-imagerie du Québec. Merci beaucoup, Marie d’être ici avec nous, et voici avant tout la première question. Peux-tu te présenter? Qui est Marie? On veut en savoir un peu plus de toi pour commencer.

Je suis étudiante en deuxième année de Doctorat en Génie Biomédical à l’Université de Montréal. Je travaille dans le laboratoire de microbiologie du professeur François Yu. C’est un laboratoire qui est situé au centre de recherche du CHUM à Montréal. Mon travail est centré sur le développement d’un dispositif pour observer les interactions microbulles-cellule.

Qu’est ce qui t’a attiré vers une formation de recherche? Qu’est ce qui t’a interpellé pour entreprendre cette carrière et dans ton cas, émigrer au Québec?

J’aime la science depuis toujours, ce qui m’a emmené à faire des études pour devenir ingénieure. Dans mon premier cycle d’étude en France, tout était très théorique et mon programme était beaucoup en lien avec les mathématiques, la physique et les sciences industrielles. Par la suite, je me suis orienté vers la biologie puisque c’était un domaine qui me plaisait. A la fin de cette formation dans cette école deux branches principales qui s’offraient à moi : soit la recherche et le développement, soit  faire du contrôle qualité. Pendant ma deuxième année d’école d’ingénieur, j’ai fait un stage en recherche qui m’a fait vraiment apprécier ce que faire de la science implique.

Donc à quel moment as-tu su que tu voulais diriger ta carrière vers la recherche? Qu’est ce qui t’as vraiment fasciné? Qu’est-ce qui t’as émerveillé de la recherche?

Il y a deux choses qui me fascinent souvent. D’un côté le fait que c’est un langage universel : je peux parler avec d’autres chercheurs de mon même domaine, et même indépendamment du champ de recherche, aux quatre coins du monde. Et d’un autre côté, un savoir universel est un langage universel à partager aussi. La science me permet de communiquer et de partager mes intérêts avec des personnes de toutes les cultures, n’importe où dans le monde. Et on arrive à s’entendre!

Je voudrais aussi te demander que tu nous partages un petit peu de ton projet.

Il s’agit d’un projet en recherche fondamentale, qui cherche à développer un modèle de vaisseau sanguin in vitro pour observer au niveau cellulaire les interactions des microbulles avec les cellules. Ce modèle s’applique pour l’étude de la radiothérapie, un des traitements les plus utilisés contre le cancer. C’est efficace mais, une des limites du traitement, c’est l’hypoxie, donc le manque d’oxygénation dans les tumeurs solides. Ceci limite l’efficacité du traitement, qui a besoin de la présence d’oxygène pour pouvoir agir contre les cellules tumorales. Il a été montré par plusieurs équipes qu’un traitement à base d’ultrasons et de microbulles pourrait aider à augmenter la dilatation des vaisseaux dans la tumeur, donc améliorant l’oxygénation. On utilise des microbulles de gaz encapsulé par une membrane lipidique qu’on éjecte dans la circulation sanguine du patient, et là on insonifie une zone avec différents paramètres pour y faire osciller les microbulles. Ce sont ces oscillations qui entrainent l’activation des voix de signalisation d’oxyde nitrique (NO) et de l’ATP. On s’intéresse à la libération d’ATP et la production d’oxyde d’azote (NO) parce que la production de ces deux molécules augmenterait la vasodilatation. Donc, pour mon projet, j’utilise des puces microfluidiques pour faire un modèle de vaisseau sanguin et ensuite j’observe, après le traitement, quelles sont les conséquences sur les cellules.

Marie Amate

Dans quel stage de tes projets, de ton doctorat, te trouves-tu en ce moment?

Je finie ma première année, et pour le moment j’ai passé beaucoup de temps à concevoir ma puce microfluidique, à calibrer mon équipement d’ultrason et à aligner le microscope avec les ultrasons pour observer en temps réel les effets du traitement d’ultrason sur les cellules. Pour l’instant je n’ai pas de résultats quantitatifs, mais j’espère en avoir dans les deux mois qui suivent.

Carlos Gevers Montoro is a chiropractor and a PhD student in Neurosciences at the Université du Québec à Trois-Rivières. While he completes his PhD, Carlos still lectures at the Madrid College of Chiropractic. The main focus of his studies is on pain neurophysiology. He currently uses EEG and quantitative sensory testing to investigate the hypoalgesic mechanisms of spinal manipulation.

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